vendredi 6 novembre 2015

KU / KOLL : comment les lecteurs lisent.

Au mois de juillet 2015, suite à la mise en place de la nouvelle rémunération des auteurs pour les livres empruntés sur Amazon via 
  • KU (Kindle Unlimited) : un abonnement grâce auquel le lecteur peut lire à volonté parmi une sélection de titres, dont tous ceux des auteurs indépendants ayant souscrit à KDP Select,
  • KOLL (Kindle On Line Library) Bibliothèque contenant les mêmes titres dans laquelle les abonnés Kindle Premium peuvent venir choisir chaque mois un livre à lire,
j’avais rédigé un premier article concernant la rémunération des auteurs. On se rappellera que ce nouveau type de rémunération favorise surtout les titres plus longs dont le nombre de pages normalisées KENPC (pour Kindle Edtion Normalized Page Count) dépasse environ 300, ce qui correspond à environ 40 000 mots (donc finalement, c’est pas si long que ça non plus).

Une rémunération plutôt favorable aux romans-fleuves de Jacques, même si ses autres titres ne sont pas avantagés par ce nouveau système. 
Pour Projet Anastasis par exemple, livre de 1074 KENPC, un livre emprunté et lu en entier rapporterait donc environ 5 euros, alors qu’il est vendu 3.99 euros.


On avait vu également qu’avec ce système, l’auteur n’a plus accès au nombre total de livres empruntés. Il ne connaît que le nombre de pages lues.
Pas facile dans ce cas de savoir 
  • si les lecteurs lisent votre livre en entier ou l’abandonnent au troisième chapitre.
  • s’ils mettent deux jours pour lire votre livre ou plusieurs mois
  • au bout de combien de temps les livres sont lus après emprunt
Et donc éventuellement, pas facile de tirer des conclusions et de s’améliorer. 

Avec Projet Anastasis, nous avons eu un début de réponse à ces questions. En effet, au 1er juillet, date de la mise en place du système, ce roman était en exclusivité sur Amazon avec le programme KDP Select, et pouvait donc être emprunté. Le 10 août, pour des raisons extérieures qui ne seront pas développées, il est sorti de KDP Select, et ne pouvait donc plus être emprunté. Par contre, les lecteurs qui l’avaient emprunté pouvaient continuer à le lire. 
Il était donc intéressant d’étudier la courbe du nombre de pages lues.

Pendant la période KDP Select étudiée, ce titre était classé dans le top 100 à une position fluctuant entre la 30ème et la 20ème place. Au vu de notre expérience antérieure avec l’ancien système, j’avais estimé, à la louche (car c’est difficile de faire mieux) que pour cette période d’environ 40 jours, le livre serait emprunté environ 400 fois. La précision de la chose laissant à désirer, ça aurait pu être aussi bien 350 ou 450 fois. Mais bon... Ça donne un ordre de grandeur.
Sachant cela, il n’y a plus qu’à observer l’évolution dans le temps du nombre de pages lues pour ce livre.


Premier constat : une courbe pas très lisse. Il semble clair que les lecteurs n’ont pas un comportement de lecture homogène d’un jour à l’autre. Beaucoup de pics et de creux sur cette courbe, pas toujours faciles à expliquer vu le nombre de paramètres en jeu. Une petite constante tout de même : des pics les week-ends. Pas vraiment étonnant. C’est le week-end qu’on a le temps de lire.


Deuxième constat, qui est vrai pour ce roman-là, mais qui sera sans doute différent pour un livre plus long ou plus court, il faut environ un mois pour atteindre une espèce de palier. Une sorte de régime permanent qui voit à la fois des lecteurs emprunter le livre, le lire et le terminer. Il aurait été intéressant de pouvoir poursuivre un peu l’expérience du palier, mais la fin de KDP Select arrivant le 10 août, on ne voulait pas repartir pour 3 mois.


Après l’arrêt de KDP Select, plus d’emprunt. Ce n’est pas pour autant que les lecteurs ont fini leur livre, et il faudra à nouveau un petit mois pour que la décroissance significative du nombre de pages lues se fasse.


Et ensuite ? Étonnamment, ça continue... Le nombre de pages lues est beaucoup plus faible, mais il n’est pas rare d’observer des pics de 1000 pages lues par jour (l’équivalent de la longueur du roman). début novembre, ce n’est toujours pas terminé. Il reste des Projet Anastasis non lus au fond de certaines liseuses. Donc visiblement, certains emprunteurs thésaurisent !


Tout cela nous permet donc de constater que :
  • si la plupart des lecteurs attaquent leur lecture peu après leur emprunt, d’autres, moins nombreux, laissent passer un peu de temps avant de se plonger dans Jacques Vandroux
  • pour la plupart, un petit mois est nécessaire pour venir à bout de leur lecture.

Et le lisent-ils en entier ou abandonnent-ils au bout de 10 pages ?
Je vous disais avoir prédit environ 400 emprunts.
En divisant le nombre total de pages lues par le nombre de pages du livre, j’obtiens un équivalent de nombre de livres réellement lus.
Avec ce petit exercice, j’obtiens donc 390 livres réellement lus. Sachant qu’il en traîne sans doute encore quelques-uns non entamés dans quelques Kindle ou tablettes.
Donc :
  • soit je me suis complètement plantée dans mon estimation initiale, et un nombre bien plus important de lecteurs ont trouvé ce livre sans intérêt et l’ont remisé aux oubliettes.
  • soit, et je penche plutôt pour cette solution, mon estimation n’est pas trop mauvaise, et les lecteurs, dans leur grande majorité, terminent le livre une fois commencé. Même si nous n’avions pas trop de doute sur la question (quels prétentieux ces Vandroux !!) voilà qui nous conforte tout de même dans l’idée que les livres de Jacques sont appréciés par la majorité des lecteurs qui l’empruntent... ou du moins terminés !!
Bien sûr, pour un autre livre d’un autre auteur et d’une autre longueur, cette courbe sera sans doute différente : plus ramassée dans le temps pour un livre plus court, moins de pages si le livre n’intéresse pas. Une seule constante à mon avis : des livres non lus dormant au fond des Kindles.

L’accès pour les auteurs au chiffre de livres empruntés permettrait d’affiner tout cela, si un jour c’est possible d’avoir accès à cette donnée.

À bientôt pour de nouvelles aventures.
Jacques-Line Vandroux

1 commentaire:

  1. Un autre phénomène permet de se faire une idée lorsqu'on se demande si un livre a été réellement lu: le fait qu'il fasse partie d'une série avec un vrai suspense entre les livres, nécessitant de les lire dans l'ordre.

    Dans ce cas précis, on peut, à peu près légitimement je crois, déduire que le roman n°1 a été lu jusqu'au bout un nombre de fois grosso modo équivalent au nombre de ventes du n°2. Mais c'est vrai que le système KENPC est sans doute plus précis.

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